ALBERT  MARQUET   (1875  -  1947)

 

    -«  NU D’ATELIER »  dit Fauve.     (1898)    73x50 cm.

 

    Musée des Beaux-Arts – Bordeaux

 

 Fauve avant la lettre, Marquet est surtout resté célèbre pour ses toiles des quais de la Seine à Paris, lieux qu’il affectionnait particulièrement, où il habita pendant quelques années.

C’est sa mère qui l’avait emmené dans la capitale, malgré l’opposition de son père, afin qu’il puisse y poursuivre une vocation  précocement décelée.

Il rencontre Matisse à l’École des Arts décoratifs et tous deux s’inscrivent à l’École des Beaux-Arts où ils deviennent les élèves de Gustave Moreau

A la mort de ce dernier, ils rejoignent une académie privée où ils rencontrent Derain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est l’époque où Marquet réalise sa série de nus d’école, et notamment son « Nu d’atelier » dit fauve.

 

C’est le coloriste qui parle dans cette toile, où le corps est cependant cerné par un trait foncé et épais, mais où la couleur domine et tient le plus grand rôle pour finalement produire un effet cuivré assez réussi.

 

Les couleurs violentes explosent autour du nu qui lui-même irradie d’intensité mettant ainsi en valeur une chute de reins et un postérieur généreux.

 

Il s’agit là d’un exemple type de la technique fauve, avec au passage un soupçon de pointillisme, qui allait être consacré quelques années plus tard par le critique Louis Vauxcelles, au fameux Salon d’Automne de 1905.

 

L’intérêt de l’oeuvre réside principalement dans le fait que le peintre dépasse largement son sujet, qui ne consistait au départ que dans une transcription d’un nu féminin d’académie, pour aboutir finalement sur une interprétation assez lumineuse du climat régnant dans l’atelier où l’on peut apercevoir deux autres artistes à l’ouvrage.

 

Marquet impose son sujet avec beaucoup de spontanéité et une originalité assez nouvelle plongeant dans une scène ayant pour visée de faire découvrir l’univers auquel le peintre est confronté dans cette oeuvre.

 

 

 

 

 

 

 

 

                                                                                               

                                                                                                        

 

 

 

 

 

                                                                                                                                                                                                                            -« Les deux amies »  (1911)  –  60x92 cm  -  Centre Pompidou - Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans cette œuvre beaucoup plus tardive l'artiste livre une intéressante et audacieuse composition dans un registre iconographique tout à fait inédit qui ne manque pas d’impudence.

 

L’évolution du style est particulièrement notoire par rapport à son « Nu d’atelier », avec notamment une grande liberté d’expression ; il est aussi assez remarquable de constater que la violence des couleurs reste manifestement toujours et encore très « Fauve »………………..

 

Marquet est considéré comme un dessinateur hors pair, il a d’ailleurs laissé une œuvre assez importante de dessins ;  mais on peut aussi en l’occurrence observer que c’est quand même le coloriste qui s’exprime dans ce tableau.

 

Quant à l’interprétation de l’œuvre elle demeure relativement équivoque, s’agissant plus d’un exercice de style, Marquet n’étant pas réputé pour être un artiste à message sous- jacent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 

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