AMEDEO  MODIGLIANI   (1884  -  1920)

 

        -« NU COUCHÉ, LES BRAS OUVERTS »   (1917)    60x92 cm.

 

        Musée de Shangaï - Chine (Ex.Collection Gianni Mattioli  -  Milan)

 

La courte légende Modigliani débute en Italie où il naît, issu d’une famille d’origine sémitique ; l’influence maternelle sera prépondérante et lui permettra d’acquérir un solide culture, une grande élégance, et une exaltation profonde de la vie.

Vers 18 ans il s’inscrit successivement à l’ « École libre de Nu » de Florence et ensuite à l’ « École libre de Nu de l’Institut des Beaux-arts » de Venise dont l’initiation et l’influence vont contribuer à développer l’italianisme de son style.

Mais comme beaucoup d’autres il rêve de conquérir la capitale des arts de l’époque : Paris, où il débarque à 22 ans et où il va mener une vie de bohème alternant entre la passion et l’orgueil, l’alcool et le haschich.

Il participe à plusieurs expositions et se consacre pendant quelques temps à la sculpture dans ce Paris d’avant guerre qui vibre d’intensité entre Montmartre et Montparnasse, et où l’art nègre fascine les artistes, Modigliani en particulier.

De retour à la peinture Modigliani qui est principalement un portraitiste, réalise une célèbre série de nus dont cinq sont exposés à l’occasion de sa première grande exposition individuelle en octobre 1917.

Ces nus créent un tel scandale que la police ordonne le retrait de ces cinq toiles sous accusation d’offense à la pudeur ….  

 

                                   

 

Le « Nu couché, les bras ouverts » qui date de cette période est sans aucun doute l’un des plus célèbre et des plus remarquable.

Il caractérise la quintessence de la technique du peintre avec ces contours aux arabesques mélodieuses et cette palette au ton de chair d’une chaleur unique.

Mais en même temps que la couleur rayonne et stimule la sensualité de la pose, le cadrage qui ampute une partie du corps ne fait qu’amplifier la mélancolie manifestée par le visage.

Ce corps exulte ainsi de nudité mais aussi d’intensité émouvante. 

Peut-être est-ce tout le drame humain qui est ici évoqué, et où Modigliani exprime son propre scénario d’autodestruction dans la jouissance de vivre ?

Quelque années plus tard, ses excès porteront leurs fruits dévastateurs et la maladie le privera de la vie à 36 ans alors qu’il commençait à remporte un vif succès.

 

(Tableau adjugé en vente publique aux enchères par Christie's à New York en novembre 2015, pour la somme de 170 millions de dollars,

à un milliardaire chinois fondateur du Long Museum de Shangaï) )

 

 


 

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